La belle histoire du Château Malijay
L’origine du Château Malijay remonte au XIème siècle et une vieille tour, échappée à la masse des démolisseurs, en reste le témoin émouvant. Elle abrite, au niveau même de la salle basse, une petite chapelle restaurée avec beaucoup de respect, dont la voûte d’ogive repose sur des arêtes à nervures appuyées sur quatre consoles sculptées aux symboles des quatre évangélistes.
Cette chapelle était sans doute dédiée à la Sainte-Croix car ce nom fut aussi attribué à l’une des fermes du domaine, les deux autres étant dénommées Saint-Louis et Saint-Charles. C’est la salle haute de ce même château, entouré de ses terres qui s’appelaient alors «Batisda de Sauverato», qu’en juillet 1314, Bertrand des Baux, prince d’Orange, rédigea son testament.
…PASSANT DE MAINS EN MAINS
En 1375, commencent les tribulations de Malijay. Cette année-là, Raymond des Baux, petit-fils du précédent, fit don de tout le fief à Raymond-Bernard Flament qui le conserva jusqu’en 1412, date à laquelle il passa aux mains de Bertrand Geoffroy. Les archives locales indiquent qu’un siècle plus tard, en 1510, Pierre Geoffroy fit « hommage de Malijay » à Philippe de Chalons, alors Prince d’Orange. Malijay revenait à ses anciens maîtres, mais pas pour très longtemps puisqu’en 1562, c’est une certaine Dame Marguerite, baronne de Montfaucon, qui «arrente» les terres avec obligation au fermier de planter des vignes. L’exploitation viticole est donc vieille de plus de quatre siècles comme en atteste, aussi, la vis en bois, toujours en place, d’un antique pressoir. Acquise par la famille Pannisse, la propriété fut revendue en 1736 à Louis Passis de Séguens, marquis d’Aubignan, dont les livres de compte mentionnent le développement du vignoble et la commercialisation des vins. En mai 1752, un nouveau propriétaire, Thomas-Augustin de Chaussande, seigneur de Saint-Roman, s’installe pour quelque temps, mais ne tardera pas à céder le domaine à monsieur Légier de Montfort, Conseiller du Roi, Trésorier général de France en la généralité de Provence. Le destin de Malijay va basculer.
… DETRUIT ET REBATI
Monseigneur de Légier, en parfait accord avec son époque, entreprend simplement de faire abattre la forteresse féodale, sans doute trop massive au goût du siècle des lumières. Avec des pierres récupérées, il se lance dans la construction d’un nouveau château, celui que nous admirons aujourd’hui, vaste demeure pleine d’harmonie, avec son escalier à double pente, ses superbes grilles et rampes de fer forgé, ses vastes salons à boiseries, ses plafonds en stuc, ses trumeaux peints… tout le charme et l’élégance d’un XVIIIème raffiné. Malijay resta entre les mains de la famille Legier de Montfort jusqu’à une époque récente, puis fut cédé à M. Georges Veyrat qui, à sa mort, le légua à l’un de ses trois enfants, Galiane. Mais il était dit que ce vaste domaine, vivrait de nouvelles aventures et c’est en août 1989 que la compagnie des Salins du Midi s’en porta acquéreur avant de devenir propriété des Domaines Listel.
… POUR VOTRE PLUS GRAND PLAISIR
Laissez donc, au coucher du soleil, les hautes grilles du château s’ouvrir lentement sur sa façade dorée empreinte d’équilibre… Et si le temps vous paraît suspendre un instant son vol, c’est qu’on a su à Malijay, et mieux qu’en bien d’autres lieux pourtant plus prestigieux, jeter une arche entre le passé et le présent, dans l’alliance harmonieuse du cœur et de l’esprit…
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